Rentrée scolaire : protocole sanitaire, quels changements en septembre?


[Mise à jour du 7 août à 10h57]. En septembre, la rentrée scolaire "ne sera pas une rentrée scolaire habituelle" a déclaré Jean-François Delfraissy ce 5 août sur France Inter. En effet, le nouveau protocole sanitaire pour la rentrée de septembre prévoit un allègement des distanciations physique et du brassage des élèves. En revanche, ce qui risque de changer, c'est surtout la rentrée des étudiants. "Ça va être différent pour les universités où les jeunes sont proches de la vision des adultes. Un certain nombre d'universités ont décidé de faire une partie de leurs cours en télétravail". L'enseignement à distance devrait donc pour certains s'imposer à la rentrée de septembre. Que prévoit le ministère de l'Education contre le décrochage scolaire ? Comment va se passer la rentrée des classes pour les écoles, collèges et lycées ? On fait le point sur les dernières annonces.

Date de la rentrée scolaire 2020

Les élèves, de la maternelle au lycée, reprendront le chemin de l'école le mardi 1er septembre 2020. La pré-rentrée des professeurs est prévue le lundi 31 août. L'année scolaire 2020-2021 se terminera le mardi 6 juillet 2021.

Une rentrée "quasi-normale", tous les élèves accueillis

Lors d'une interview télévisée ce 14 juillet, Emmanuel Macron a réaffirmé que la rentrée scolaire 2020 serait "la plus normale possible" et que tous les élèves pourraient être accueillis dès le 1er septembre. Les enseignants devront être correctement protégés, la rentrée devra être organisée "avec la possibilité de s'adapter si des pics revenaient". Mais le Président de la République se veut rassurant : "nous nous sommes mis en situation d'avoir une rentrée des classes quasi-normale", et il faudra continuer à vivre avec le virus en se protégeant.

Nouveau protocole sanitaire : qu'est-ce qui change en septembre ?

Saisi par les ministères de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur, le Haut Conseil de la santé publique a livré ses recommandations, en vue de la rentrée de septembre, pour les écoles, les collèges, les lycées ainsi que les universités. Aussi, en tenant compte d'une moindre fréquence de formes graves chez les enfants et considérant que ces derniers sont moins transmetteurs que les adultes, le HSCP envisage "des règles sanitaires plus souples que celles en vigueur jusqu'à présent", dès le 1er septembre. Selon le nouveau protocole sanitaire : 

  • la distanciation physique n'est plus obligatoire dans les espaces clos, lorsqu'elle n'est pas matériellement possible et qu'elle ne permet pas d'accueillir tous les élèves,
  • Pas de distanciation physique dans les espaces extérieurs (mais les plus de 11 ans doivent porter un masque)
  • Le port du masque n'est plus obligatoire pour les personnels pendant les cours à l'école maternelle (ou lorsqu'ils sont à une distance de plus d'un mètre à l'école élémentaire, au collège et au lycée)
  • La limitation du brassage des élèves n'est plus obligatoire, y compris dans les transports scolaires (mais les collégiens et lycéens doivent porter un masque lors des déplacements dans l'établissement scolaire, ou lorsque la distanciation ne peut être garantie dans les transports)

Quelles mesures en cas de reprise de l'épidémie ?

Dans un avis publié ce 3 juillet, le conseil scientifique appelle les grandes villes de France à se préparer à une nouvelle vague d'épidémie à l'automne, avec "un confinement local plus ou moins important en fonction de l'épidémie". Mais comment cela se passera-t-il pour les élèves ? Le ministère a anticipé les différentes situations. "Dans l'hypothèse où la situation sanitaire exigerait des mesures plus strictes, du fait d'une circulation active du virus sur tout ou partie du territoire national, un plan de continuité pédagogique sera mis en place pour assurer l'enseignement à distance", indique la circulaire de rentrée scolaire publiée le 10 juillet. "Le ministère a élaboré un plan comprenant, outre le protocole sanitaire, le rappel des principales actions à conduire, des conseils et bonnes pratiques sur l'organisation du service et l'équipement numérique, les modalités d'activation des classes virtuelles du Cned et de Ma classe à la maison, et une sélection de ressources pédagogiques numériques à disposition des professeurs et des familles". Voici les différentes hypothèses :

En cas de circulation active du virus

Concrètement, si le nombre d'élèves devait de nouveau être limité dans les écoles en raison d'une circulation active et localisée du virus, nécessitant la mise en place d'un protocole sanitaire stricte, les enfants pourraient (selon les situations et comme pendant le confinement) suivre les cours à distance avec Ma Classe à la maison ou le Cned, et être pris en charge en participant au dispositif 2S2C (sport, santé, culture, civisme). Les autres locaux des écoles, collèges et lycées devront notamment être mobilisés afin d'accueillir les élèves dans de meilleures conditions. Dans cette situation "tous les élèves doivent avoir accès à des cours en présentiel chaque semaine" précise le ministère, mais des groupes pourraient aussi alterner à la journée ou à la demi-journée. En revanche, "les élèves scolarisés en CP et CE1 dédoublés en éducation prioritaire devront impérativement être scolarisés à temps plein".

En cas de circulation très active du virus nécessitant la fermeture des écoles

Le ministère de l'Education anticipe l'hypothèse selon laquelle des établissements scolaires nécessiteraient d'être fermés, au niveau local. Les enseignants pourront alors s'appuyer sur les cours des professeurs diffusés sur la Maison Lumni et suivre les cours à distance. En outre, les élèves en situation de "déconnexion numérique" devront être identifiés en amont.

Enseignement à distance : une prime pour le matériel informatique

Jean-Michel Blanquer prévoit une prime pour permettre aux enseignants et aux élèves d'être équipés en matériel informatique. Plusieurs départements devraient expérimenter cette nouvelle mesure, dont le montant n'est pas encore défini, dès la rentrée de septembre. "Le fait que nous allions vers un équipement systématique de chaque élève et chaque professeur est notre objectif" a déclaré le ministre de l'Education ce 27 juillet sur France Info. Il précise également qu'une "formation à l'enseignement à distance va se généraliser" et rappelle que "la France est un des pays qui a le mieux réussi l'enseignement à distance" durant la période de confinement. 

Que contient la circulaire de rentrée scolaire ?

Le ministère de l'Education nationale a publié ce 10 juillet une circulaire visant à encadrer la rentrée de septembre 2020. Concrètement, cette reprise se déroulera dans des conditions comparables à celles en vigueur en fin d'année scolaire. Avec l'appui du Haut conseil de la santé publique et du conseil de Défense, le ministère a mis en place un certain nombre de mesures destinées à assurer pour les élèves, les enseignants et le personnel administratif, une rentrée en toute sécurité. Comme c'était déjà le cas depuis le 22 juin, la circulaire de rentrée scolaire précise que "tous les élèves seront accueillis sur le temps scolaire". Il n'y aura plus de dispositif distanciel et l'école redevient donc obligatoire pour tous. Le respect des règles sanitaires devra évidemment être de mise dans tous les établissements scolaires.  "Gestes barrière, hygiène des mains, port du masque pour les adultes et les élèves de plus de 11 ans lorsque les règles de distanciation ne peuvent être respectées dans les espaces clos ainsi que dans les transports scolaires, nettoyage et aération des locaux ", détaille cette circulaire.

Après le confinement, comment lutter contre le décrochage scolaire ?

Une aide personnalisée dès la rentrée

Aussi, pour lutter contre le décrochage scolaire, le ministre de l'Education compte "mettre le paquet en heures supplémentaires pour que le niveau soit atteint". En effet, dès la rentrée scolaire, une aide personnalisée devrait permettre aux élèves de "consolider les fondamentaux en français et en mathématiques", a-t-il ajouté. Concrètement, plusieurs centaines d'heures supplémentaires seront prévues pour les mois de septembre et octobre. Sans oublier les évaluations de début d'année qui seront "systématiques pour certaines classes comme le CP, CE1 et la classe de sixième en particulier", a déclaré Jean-Michel Blanquer. "L'objectif n'est pas de baisser les exigences, mais de lisser davantage les choses pour qu'on puisse, en début d'année scolaire, réviser des points qui relèvent de l'année précédente".

Des évaluations d'élèves pour la rentrée de septembre

Les élèves de primaire, du collège ainsi que les lycéens seront soumis à des évaluations de début d'année, dès le mois de septembre, comme ce fut le cas les années précédentes pour les classes de CP et de CE1. L'objectif ? Mieux repérer les élèves décrocheurs afin de leur proposer un accompagnement adapté. Après plusieurs semaines d'école à distance, l'objectif de ces évaluations sera plus que jamais d'évaluer les besoins des élèves. "En sixième, on va avoir une évaluation particulièrement robuste dans son contenu, notamment pour le français et les mathématiques, de façon à déclencher ensuite de l'aide personnalisée" a-t-il précisé sur France Inter. "C'est systématique, universel et obligatoire pour les classes de CP, CE1, sixième et seconde", explique le ministre. Les élèves passeront donc ces évaluations à partir du 14 septembre.

Devoirs faits et accompagnement renforcé de la primaire au collège

Dans sa circulaire du 10 juillet, le ministère précise qu'il consacrera plus d'1,5 million d'heures supplémentaires et l'ensemble des professeurs remplaçants non utilisés à ce moment-là pour accompagner les élèves entre septembre et décembre, en particulier ceux des classes charnières (CP, 6e et seconde). "À l'école primaire, les heures d'activités pédagogiques complémentaires (APC) sont destinées en priorité aux élèves qui maîtrisent le moins les compétences de l'année précédente. Il en va de même au collège avec l'aide personnalisée." indique la circulaire. Le dispositif "Devoirs Faits" sera renforcé et accessible dès la rentrée de septembre à raison de trois heures par semaine pour chaque élève, 4 heures pour ceux de sixième sur la période septembre-décembre.

Comment les lycéens vont-ils faire leur rentrée ?

Les lycéens bénéficieront également d'une attention toute particulière. L'effort d'accompagnement est notamment porté sur les élèves entrant en classe de 2de et en 1re année de CAP. Les élèves bénéficieront ainsi d'un nombre d'heures d'accompagnement augmenté, au moins jusqu'au mois de décembre. Pour les élèves des lycées professionnels, l'enjeu va être de leur permettre de renouer avec la pratique de leur spécialité dans un cadre professionnel. Ainsi, les élèves de 1re et de terminale ainsi que ceux de 2e année de CAP pourront bénéficier de périodes de formation en milieu professionnel (PFMP) à partir du 7 septembre. "Durant la semaine du 1er au 4 septembre, les élèves de 2de professionnelle et de 1re année de CAP bénéficient d'une période d'intégration", précise le ministère. 

Masques aux lycéens d'Ile-de-France, transports gratuits à Paris

Dès la rentrée de septembre, les 500 000 lycéens d'Ile-de-France recevront deux masques gratuitement, a annoncé Valérie Pécresse. Autre bonne nouvelle pour les élèves de la capitale : à Paris, les collégiens et lycéens n'auront plus à payer leur pass Navigo dès la rentrée scolaire. Alors que les transports étaient déjà gratuit pour les moins de 11 ans depuis septembre 2019, Anne Hidalgo a souhaité élargir cette mesure dès le collège. Au total, 135 000 jeunes pourront en bénéficier.

Des cours à distance à l'université ?

Quant aux étudiants, ils se pourrait qu'ils continuent à étudier à distance à l'université. "Nous avons demandé aux établissements de prévoir que les cours magistraux puissent être offerts à distance. Ils sont en train de regarder si c'est possible", avait déclaré  la ministre de l'Enseignement supérieur au Parisien le 8 mai. Mais Frédérique Vidal a tenu à préciser que les interactions avec les enseignants restaient indispensables.

Plus d'autonomie pour les directeurs d'école

Depuis l'été 2019, Jean-Michel Blanquer a souhaité engager la réflexion et des travaux pour faire évoluer les fonctions et les conditions de travail des directeurs d'école. Dans un communiqué du 2 juillet, le ministère de l'Education nationale a listé les différentes mesures qui entreront en vigueur à la rentrée prochaine en faveur des directeurs d'école :

  • Les outils à disposition des directeurs seront améliorés afin de simplifier le service, limiter les sollicitations et permettre de gagner du temps
  • Tout directeur d'école bénéficiera de deux jours de formation par an
  • Les directeurs départementaux (DASEN) pourront accorder des décharges ponctuelles complémentaires aux directeurs d'école
  • Les directeurs auront pleine autonomie dans la programmation et la mise en œuvre des 108 heures d'obligation de service
  • Ils disposeront désormais d'une visibilité sur le calendrier annuel des enquêtes de terrain demandées aux différents échelons. Par ailleurs ces enquêtes seront rationalisées et mieux coordonnées.
  • Dans l'attente de travaux approfondis sur la rémunération et l'avancement, tous les directeurs d'écoles toucheront, à l'automne prochain, une indemnité supplémentaire exceptionnelle.
  • Par ailleurs, dès la rentrée prochaine, 12 500 jeunes du service civique viendront en appui dans les écoles notamment pour aider dans la relation avec les familles.

L'ensemble de ces mesures, qui constitue une nouvelle étape dans l'amélioration des conditions de travail des directeurs d'école, sera précisé dans une circulaire discutée à partir du 6 juillet avec les partenaires sociaux.



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